Auteur : Doris Tshiyole Ngindu
Catégorie : Économie et développement
Publication : Revue Intelligence Stratégique, volume 2, numéro 3, janvier-mars 2019
L’exportation des produits agricoles constitue une source importante de devises et de recettes publiques pour la République démocratique du Congo. Pourtant, une part considérable de la production nationale de café et de cacao échapperait aux circuits officiels. L’étude de Doris Tshiyole Ngindu analyse l’ampleur de ce phénomène sur la période allant de 2008 à 2017.
La comparaison entre les volumes produits, les quantités officiellement exportées et la consommation locale met en évidence des écarts importants. Selon l’étude, certaines exportations sont réalisées en dehors des voies légales, notamment aux différents points de sortie du territoire national. Cette situation empêche l’État et les établissements publics concernés de percevoir les taxes et recettes en devises auxquelles ils devraient normalement avoir droit.
L’article souligne également le rôle possible des faiblesses administratives, des insuffisances du contrôle frontalier et de la complicité de certains agents. Une fiscalité jugée contraignante, des procédures complexes ainsi que l’existence de débouchés plus accessibles dans les pays voisins pourraient également encourager certains opérateurs à contourner les mécanismes officiels.
Pour réduire ces pertes, l’auteure recommande de renforcer les contrôles aux frontières, d’améliorer la traçabilité des produits agricoles et de sanctionner les auteurs et complices des exportations frauduleuses. Une meilleure coordination entre les services publics, les producteurs et les exportateurs permettrait à la RDC de protéger ses ressources agricoles et d’accroître ses recettes publiques.




