Auteur : Daniel Kasongo Ilunga
Catégorie : Économie, finance et politiques publiques
Publication : Revue Intelligence Stratégique, volume 2, numéro 3, janvier-mars 2019
La stabilité des prix constitue l’un des principaux objectifs de la politique monétaire. En République démocratique du Congo, cette mission est particulièrement complexe en raison de la dollarisation de l’économie, de la faible profondeur du système financier et de la vulnérabilité du pays aux variations du taux de change. L’étude de Daniel Kasongo Ilunga évalue le cadre opérationnel de la politique monétaire congolaise entre 2005 et 2013.
Cette période a été marquée par une baisse générale de l’inflation, malgré plusieurs épisodes d’instabilité. Pour contrôler la liquidité et la base monétaire, la Banque Centrale du Congo a notamment utilisé le taux directeur, les réserves obligatoires, les opérations d’open market et les adjudications de devises.
À partir d’une analyse économétrique, l’auteur étudie la capacité de ces instruments à influencer la base monétaire. Les résultats indiquent que les adjudications de devises auraient exercé une influence significative, notamment à travers leurs effets sur les réserves obligatoires. À court terme, cependant, les instruments utilisés ne seraient pas toujours parvenus à contenir efficacement les fluctuations de la base monétaire.
L’étude met ainsi en évidence les limites structurelles du système financier congolais. Elle souligne la nécessité de renforcer les institutions financières, d’améliorer la coordination entre les politiques monétaire, budgétaire et de change, et de tenir compte du rôle central du taux de change dans une économie fortement dollarisée.




